Contenu de la formation

L'esprit de la formation

Nous concevons la pratique de la psychothérapie en G.T.A. comme un accompagnement de l'autre à la reconnaissance, la réactualisation, l'appropriation et enfin la compréhension de tous les phénomènes de son histoire qui ont contribué à la construction de sa propre qualité d'être au monde. A cette dimension phénoménologique de présence à tous les évènements qui surgissent dans le contact, vient s'ajouter une attention toute particulière à tout ce qui, synchroniquement, vient faire sens pour lui dans le cours d'une évolution qui participe à l'évolution du monde qui l'environne.
C'est cette vision intégrative de ces deux dimensions de l'être humain qui met le psychothérapeute en G.T.A. directement en lien avec la partie la plus intime, la plus vulnérable et la plus sacrée de l'autre : il y est question de son essence même, qu'il s'agit de restaurer dans sa légitimité pour lui permettre d'accéder au sens de sa vie. S'autoriser une présence dans un tel espace ne peut se concevoir sans un certain nombre de conditions parmi lesquelles nous retiendrons particulièrement :

- La science... Il est indispensable d'avoir une connaissance approfondie des principaux mécanismes qui concourent il la mise en place de l'appareil psychique dans son rapport avec le corps. L'évolution des mœurs dans notre société poussant de plus en plus les individus à exprimer leurs souffrances psychologiques par le biais de symptômes somatiques, nous insistons particulièrement sur le lien psyché-soma lors du cours de psychopathologie 2e année. Nous y apportons les connaissances de base nécessaires à la compréhension des mécanismes physiopathologiques qui concourent à la mise en place des maladies psychosomatiques. Nous considérons que la curiosité scientifique, dans le champ des connaissances sur l'humain, est une grande qualité chez un psychothérapeute.

- La conscience... Toute prise de conscience naît, dans le contact patient-thérapeute, de la confrontation de leurs deux instances psychiques. Le psychothérapeute se doit d'avoir mené une exploration personnelle approfondie de sa propre histoire et de ses propres mécanismes de défense pour se prêter à une telle aventure intérieure qui ouvre le champ aux émergences les plus horribles comme les plus belles. Pour qu'en advienne de la conscience, il se doit lui-même d'être dans la dynamique permanente d'une quête de sens vers un savoir pour lui-même, sans jamais anticiper sur un savoir pour I'autre.

- Le savoir être... Il est directement issu de cette qualité de présence en conscience. L'Ouverture affective qui s'en suit induit une compassion favorisant la mise en place d'une relation suffisamment sécurisante et contenante pour que l'autre puisse aborder en lui les zones les plus noires et les plus chargées de souffrance. De par son métier, le psychothérapeute s'expose à des tempêtes intérieures qu'il lui faudra surmonter pour élargir son propre champ de conscience. Il ne pourra exercer son art que s'il peut se fonder en lui-même sur l'expérience du sens et du bonheur de la vie.

- Le professionnalisme... Le psychothérapeute se doit donc d'avoir une excellente maîtrise de ses méthodes et techniques de référence afin, entre autre, de poser les indications et les limites de ses interventions. Cela le situe dans une place bien spécifique parmi tous les intervenants de notre système de santé. Il est là pour répondre à des besoins déterminés. Il peut apporter alors la preuve de son utilité sociale et alimenter la recherche de ses propres écrits et résultats.

L'éthique... C'est ce qui permet à l'être humain de s'extraire du déterminisme de l'instinctualité animale. Plus que dans toute autre profession, toutes les interventions du psychothérapeute se doivent d'être marquées du sceau d'une éthique rigoureuse. Investi généralement d'un immense pouvoir par le patient, il sait ne pas en détourner l'énergie pour son bénéfice personnel, mais au contraire, en utiliser la force pour permettre à l'autre d'assumer les confrontations indispensables à la résolution de ses difficultés. La première qualité du psychothérapeute devient alors l'humilité dans le respect de l'autre comme de lui-même.

La profession de psychothérapeute en G.T.A. est d'une grande exigence, tant sur le plan des connaissances que sur celui d'une qualité d'être, ancrée dans une philosophie et une anthropologie très humaniste. Dans une société en pleine mutation où l'être humain se sent trop souvent réduit à un numéro d'immatriculation, elle est garante de la réalité intérieure de chaque individu dans toute sa richesse, sa diversité et son irréductible spécificité.
Le processus thérapeutique consiste alors avant tout à accompagner l'autre dans la remise en mouvement dynamique de son processus d'individuation qui fait de lui un sujet unique et responsable de son propre chemin de vie.

Dans un monde en souffrance où la question du sens devient cruciale
le psychothérapeute en G.T.A. se trouve directement associé à la transformation
de l'humanité au travers de son implication auprès de chaque individu.