Mon adolescent de 16 ans explose à la moindre occasion, malgré mon souci de faire le maximum pour lui. Je ne le comprends plus. Que faire ?
QUESTIONS RÉPONSES EN TEMPS RÉEL AVEC LE DOCTEUR PIERRE CORET (RUBRIQUE PARUE DANS LE N° 117 -SEPT/OCT 2008- DE LA REVUE REEL)
L'adolescent traverse une véritable épreuve initiatique qui doit lui permettre de se choisir sa propre vie en quittant le berceau de la vie familiale pour advenir à sa responsabilité d'Homme au sein du monde extérieur. C'est un véritable processus de naissance au monde des adultes. La crise qui l'accompagne est incontournable si on ne veut pas rester toute sa vie dans un état d'immaturité et de dépendance à ses parents ou à leurs substituts...
Il vit donc un véritable écartèlement à l'égard de ses parents : d'une part il a toujours besoin du lien affectif qui le relie à eux - d'où la nécessité de continuer à lui témoigner de l'amour-, mais d'autre part, il a besoin de construire son indépendance en quitter les schémas de pensée et les valeurs de sa famille pour pouvoir faire ses propres choix et adopter ses propres valeurs. Il ne trouvera donc son identité que s'il rejette temporairement tout ce qui caractérise le fonctionnement de sa famille.
Une fois que l'on a conscience de cette crise toujours douloureuse, il est plus facile de trouver une juste position.
Pour vous parents, il ne s'agit en aucun cas de vous renier dans ce que vous êtes ou de céder à tous ses caprices en croyant lui « faire plaisir » : ce serait lui donner une toute puissance qui l'amènera à vous mépriser et cela hypothèquera sa santé mentale. Il ne s'agit pas non plus de vouloir le soumettre à tout ce que l'on impose à ses enfants : tant pis s'il refuse d'aller voir sa grand-mère , de partir en vacances avec vous ou de manger le délicieux gâteau que vous avez préparé pour lui ! Il est très important de respecter son intimité (tant pis si sa chambre est en désordre), mais il est tout aussi important de lui imposer de respecter la vôtre (il n'a pas à envahir votre salon). Le rôle de la fonction paternelle (qui peut être tenu aussi par la mère ou tout substitut parental) est alors indispensable : il s'agit d'être à la fois très ferme pour ne pas se laisser abuser, et en même temps souple et contenant, dans le sens de lui accorder votre écoute et votre confiance en le soutenant dans ses tentatives pour trouver son indépendance !
Il faut qu'il puisse vivre sa crise et le danger réside dans les tentatives d'échappements qui sont principalement de 3 ordres :
- Les drogues et les dépendances (jeux vidéos, pornographie, alcool, anorexie ou boulimie, etc.)
- Le retrait social et affectif qui le coupe du monde (risque de schizophrénie).
- La soumission à un statut de dépendance infantile (« le gentil petit garçon »).
Chacun de ces risques peut bien sûr faire l'objet de vos prochaines questions.
